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Vincent Ferniot fait aimer les régions

Vincent Ferniot, journaliste et chroniqueur gastronomique anime Midi en France sur France 3.
Il nous parle de l’émission, de la région, des langoustines, et du Muscadet.

Comment choisissez-vous vos destinations ?

On est très basés autour des villes, et on recherche en particulier des villes où il n’y a
pas forcément un grand nombre d’habitants. On aime que le nom soit une marque, c’est-à-dire que le public connaisse le nom et situe à peu près où l’on se trouve. Ce choix se fait entre cinq et six mois à l’avance, puis on planifie la visite de nos journalistes qui viennent faire leur reportage et forgent le coeur de nos sujets. Trois semaines avant les émissions on se penche dessus avec les journalistes et chroniqueurs. Quand tout est calé, avec les invités écrivains, historiens et entrepreneurs, il nous reste les réunions de rédaction, jusqu’au jeudi soir où on a fait quatre directs et enregistré pour la semaine suivante.

L’après attentats a-t-il changé les choses ?

La seule période à problème a été le lendemain des attentats, avec la sécurité renforcée. Ce n’est pas du tout notre ADN, car on aime se dire que le public est proche, que l’on vit la même réalité que lui. S’il fait chaud, nous avons chaud avec lui, et si le temps est mauvais, il l’est aussi pour nous car on est en plein air, dans les mêmes conditions que lui. C’est important, et c’est ce qui nous rapproche le plus, aux yeux du téléspectateur, de la ville dans laquelle on est. Quand il a fallu établir l’état d’urgence nous étions en Lorraine, et on a fait une sorte de barrage
filtrant où tout le monde était vérifié. Bien sûr nous avons une sécurité en permanence, mais je suis un optimiste et sans être inconscient je ne suis pas
paranoïaque. On donne une tribune bien sûr, et il y a déjà eu des gens énervés ou qui manifestaient, mais on ne peut laisser la parole à tous, car on deviendrait
vite otages. Trois fois en cinq ans on a dû envoyer les sujets de secours, mais ça n’a jamais dégénéré. On est la vitrine des régions, et on est du côté des gens. S’ils manifestent on se sent interpellés. On est aussi un peu la voix du monde agricole, des soucis des gens, mais sans être pris en otage.

Montrer seulement les belles choses, n’est-ce pas un peu Bisounours ?

Nous sommes des optimistes. Nous voulons montrer ce qui fonctionne, ce qui est bien. Nous ne sommes pas des Bisounours, c’est impossible, car on vit au milieu des populations. On traverse la France dans tous les sens, on entend les gens, et la vie peut être difficile pour eux, même dans une belle région comme celle-ci. On se glorifie aujourd’hui de la réussite des chantiers français à Saint-Nazaire, mais il faut se souvenir d’il y a quinze ans, quand la situation était critique avec des conflits sociaux durs et on ne peut pas l’oublier. Mais notre boulot c’est de montrer dans quel pays merveilleux on vit. Il y a quelques jours l’économiste Philippe Dessertine disait « C’est vrai, beaucoup de cerveaux partent aux États-Unis, en Angleterre ou ailleurs, car on forme dans le système universitaire français de beaux esprits. Ils partent, mais ils partent pour gagner de l’argent, pour améliorer leur niveau de vie, parce que la pression fiscale est moins forte, et ce qui les rappelle ici, c’est la qualité de vie. » Nous, nous avons envie de donner envie de rester, ou de revenir.

Que pensez-vous du découpage des régions ?
Moi ça me gonfle. Personnellement bien sûr, car je ne parle pas au non de ma chaîne et de l’émission. Je trouve qu’il y a tellement de particularismes. Ce que l’on aime nous, ce sont les anciennes provinces, plus petites que les régions, où il y a une réalité de population, géographique, parfois climatique. Là on sent bien que c’est purement administratif, politique et économique, voire même électoraliste. Mais au fond, ce sont les provinces qui racontaient le plus quel est notre pays. Quand on se sent Breton on se sent Breton, que l’on soit d’Ille-et-Vilaine ou de Loire-Atlantique.

Le plat que vous espérez trouver dans votre assiette ce soir ?

Moi c’est très simple, j’ai une passion pour la langoustine, que j’estime et de loin être le meilleur crustacé qui soit, avec une tendreté de chair et surtout ce côté sucré, douceâtre et fin, un arôme parfait. Exigeant aussi car c’est très difficile à cuire. Je les préfère décortiquées et poêlées, par exemple en brochettes, juste un peu dorées d’un côté et qu’elles restent bien moelleuses.

Avec un verre de Muscadet ?

Très longtemps j’ai été réticent à l’encontre du Muscadet. Dans mon premier bar à vins on vendait du Gros-plant, mais j’avais du mal avec le Muscadet. Et il y a eu un renouveau, grâce à des domaines comme Luneau-Papin, qui ont repensé le Muscadet sur lie, et maintenant il y a des Muscadet extraordinaires, et cette astringence, cette vivacité qui étaient souvent reprochées au Muscadet ont été un peu gommées. Ce sont des vins plus amples, plus généreux, moins acides, qui vous déchaussent moins les dents, et avec des arômes fantastiques. Avec modération bien sûr.

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