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Thibault Julien et Erwan Fischer, en route pour l’or olympique

L’équipage baulois prépare les jeux de Tokyo, et Thibault nous parle du 49er (prononcer Fortyniner), un bateau exigeant et passionnant.

Quel est votre parcours ?

Je suis baulois, j’ai 22 ans, et je navigue depuis 10 ans avec Erwan Fischer. Nous sommes licenciés au CNBPP. J’ai commencé la voile avec deux saisons sur Équipe, puis sur 29er (prononcer Twentyniner). Nous avons intégré la section sport étude du lycée Grand Air à La Baule pendant 4 ans. Nous nous consacrons désormais totalement à la voile, au sein du Pôle France Jeunes de La Baule. En 2016, nous avons remporté le championnat d’Europe jeune, puis avons été premiers équipage amateur au Tour de France à la Voile, et enfin champions du monde jeunes en 49er.

Quel chemin mène aux JO ?

Depuis 5 ans nous naviguons sur le 49er, et il nous reste 3 ans pour préparer Tokyo 2020. Il faut d’abord qualifier la nation, à partir de l’année prochaine. En effet, 20 nations seulement sont qualifiées pour les JO. Ensuite seulement chaque nation sélectionne un équipage pour la représenter. La nation est sélectionnée avec les résultats aux championnats du monde à partir de 2018 et sur le circuit mondial. L’équipage est le premier au classement national. En 49er, la génération ancienne a arrêté, ce qui laisse une porte ouverte à des jeunes comme nous, et notre titre de champions du monde jeunes de 2016 est de bon augure. La FFV nous pousse pour que l’on soit performant dès cette année en participant au championnat du monde senior. Nous avons donc toutes nos chances. Une journée type, c’est 3 à 4 heures sur l’eau, plus la préparation en amont et l’entretien. Ajoutons une heure à une heure et demie de prépa physique, et lorsque l’on est en stage à Quiberon des débriefings le soir et le matin. Julien Bontemps est notre préparateur, grâce au Pole qui nous donne accès à ses services. Son expérience comme coureur et coach est importante.

Comment se déroulent les épreuves olympiques ?

Une partie en flotte, et une medal race avec les 10 meilleurs le dernier jour, mais c’est propre à chaque série et les choses ne sont pas encore fixées. Le plan d’eau sera à Fujisawa, et les ingénieurs de la FFV sont déjà en train d’analyser le plan d’eau.

Quel est votre statut actuellement ?

Nous sommes sportifs de haut niveau. Ces 4 dernières années, nous naviguions moins, et nous avions le temps d’avoir une activité professionnelle pour alimenter notre projet. Cette année, nous passons plus de temps sur l’eau, ce qui signifie moins de revenus bien sûr. Nous fonctionnons sur nos fonds propres et nous avons toujours été aidés par la fédération, par le club aussi, la région, la ligue de voile. Les institutions nous aident beaucoup, mais la seule contrainte est qu’il faut des résultats pour être aidé. Cela signifie qu’au début de la saison nous devons avancer les frais, pour avoir une aide ensuite en fonction des résultats et de l’état de la trésorerie de la FFV. Il y a une séparation entre le monde amateur et pro, et en olympisme il faut avoir une démarche de pro pour avoir des résultats. Mais cela nécessite un budget.

Vous cherchez donc des sponsors ?

Exactement. Pour une année en 49er, un budget confortable se situe autour de 60 000 euros. Cela permet d’acheter du matériel, de se déplacer pour des régates et stages un peu partout dans le monde. Une partie est prise en charge par la fédé, le club, la région, les mairies du Croisic et de Guérande. Nous avons aussi quelques partenaires comme l’Opéra de la Mer sur la promenade au Pouliguen. Un partenaire ne nous aide pas seulement par un apport financier, mais des actions, du matériel, une assistance. Depuis peu mon frère Bastien a créé notre association et il gère le démarchage, la com via notre page facebook «  Fischer & Julien 49er Sailing  » et notre compte Instagram «  fischerjulien49er  », et nous aide dans le quotidien lors des déplacements.

Quelques mots sur le bateau ?

C’est un skiff très instable, issu des 18 pieds australiens, qui ne demande qu’à se débarrasser de son équipage. Il est léger, toilé, et part au planning facilement. Au début on passe plus de temps à nager qu’à naviguer, car ce sont des bateaux qui demandent physique et agilité. Le barreur a la barre et le foc et l’équipier la grand-voile, au portant le barreur prend la grand-voile et l’équipier le spi, et il faut savoir communiquer pour faire avancer le bateau. Nous avons toujours rêvé du 49er, avec pour objectif les JO. Une fois passé par le 29er, on ne peut plus se passer des sensations du skiff, et on arrive fatalement au 49er.

Et après les JO ?

Le 49er est un tremplin pour les formes modernes de navigation, genre America cup. Le physique est exigeant, et quand on a fait son temps dans l’olympisme, c’est intéressant d’aller voir d’autres supports, et les «  anciens  » du 49er partent facilement sur l’America cup, la Volvo Ocean Race, etc.
Le 49er conserve sa place pour les prochaines olympiades, et s’il y a effectivement une évolution vers le foil, pour l’instant c’est dur à cerner. Il y a de plus en plus de jeunes qui commencent directement par le foil sans même passer par l’Optimist. Nous nous formons parallèlement sur foils en Flying Phantom et GC32.

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