accueil

Sylvain Augier - De «  Faut pas rêver  » à «  Faut rêver  »

Tout le monde se souvient du présentateur emblématique de Faut pas rêver, qui nous entraînait à la découverte d’ailleurs dans ce qu’ils avaient de plus beau, mais pas seulement… Aujourd’hui sur Sud Radio pour une quotidienne d’interview, il livre dans Faut rêver des dizaines de rencontres, d’émotions, des moments magiques et profonds à partager. Pour Pays-blanc, il a accepté de changer de casquette et devenir l’interviewé.

Ce qui marque chez vous, c’est la multiplicité des expériences, votre côté multifacettes.

Oui, j’ai une vie bien remplie, agitée. Ça m’a d’ailleurs coûté cher, mais je n’ai jamais baissé de rythme et j’ai toujours fait ce que je voulais. J’ai une double face, je suis profond dans les interviews, mais aussi à la recherche des extrêmes. Mais j’assume les deux. Ce qui m’intéresse en réalité, ce sont les gens que je rencontre, pour ce qu’ils font d’exceptionnel. J’ai rencontré sœur Emmanuelle et suis devenu son ami parce que c’était elle, et pour ce qu’elle faisait. De même avec l’abbé Pierre.

N’est-il pas difficile dans un paysage audiovisuel réducteur, d’être atypique ?

Oui, complètement, d’ailleurs je ne suis plus à la télé pour cette raison-là. Il y a des gens très différents de moi actuellement à la télé, et je ne souhaite pas changer, car c’est très dur d’être un autre, à mon âge. Je préfère résolument être fidèle à moi-même.

Les gens ne vous ont pas oublié, n’êtes-vous pas tenté par un retour sur le petit écran ?

Je fais de la radio tous les jours, et c’est exactement ce que j’aime faire, interviewer des gens pendant une heure en profondeur, mais je n’ai pas trouvé de créneau à la télé.

Parlez-nous de Sud Radio ?

Je reçois un invité à qui je demande «  qu’est-ce qui vous fait courir  », je dépiaute ses réponses en détail pour comprendre ce qu’il est, ce qu’il fait, quel moteur le guide. J’essaye de faire un portrait complet. Mes invités sont écrivain, artiste, chanteur, philosophe, sportif, aventurier, politique, un peu de tout. Sud Radio n’émet pas en Loire-Atlantique, mais on peut me suivre sur le site www.sudradio.fr ou podcaster mon émission, qui passe de 14 à 15 heures et s’appelle «  Qu’est-ce qui vous fait courir ?  ».

Une auto interview ?

Oui, c’est vrai, d’ailleurs j’aurai du mal à répondre moi-même à toutes ces questions, et il y a une part de moi-même dans mes questions.

Vous prenez réellement tout ce que la vie vous propose ?

Je prends tout ce qui vient. J’accepte tout ce que la vie m’apporte de nouveau, d’expérimental, de sensationnel au sens de la sensation que ça apporte, y compris les mauvais moments, la douleur, et même le handicap à une époque (Sylvain Augier a été victime d’un grave accident de parapente). Bien obligé… J’ai appris à philosopher avec ça et je me suis habitué à la douleur, mais ça fait partie de mon parcours. Ça m’a rendu encore plus proche des gens, plus tolérant, plus profond, plus attentif. Ça a augmenté ma profondeur de relation.

On voit dans votre livre que la spiritualité n’est jamais très loin ?

Une bonne relation c’est écouter, essayer de découvrir s’il y a une spiritualité derrière, et je pose la question «  Et Dieu dans tout ça ?  » que posait Jacques Chancel. Je suis habité par une spiritualité très forte, qui était déjà en moi quand j’étais jeune, et les rencontres comme sœur Emmanuelle et l’abbé Pierre, dont je parle dans le livre, m’ont marqué et ont augmenté mon besoin de spiritualité.

Vous la cherchez chez l’autre ?

C’est systématique. J’essaye de deviner s’il y a ça chez eux. Si ce n’est pas le cas, je n’en parle pas, mais si je sens que l’on me répond oui, je vais dans ce sens. Les gens se livrent, se confient, et je crois avoir ce talent de laisser parler les gens. C’est mon truc, mon talent, et j’en profite. Les gens me connaissent, savent ce que je pense, et ça facilite les choses.

Choisir quelques dizaines de rencontres pour votre livre, ça n’a pas été dur ?

C’est un choix qui s’imposait. J’ai picoré dans ma mémoire ce qui ressortait, et j’ai pris ce qui me plaisait le plus, sans ordre chronologique. C’est une sorte de dictionnaire amoureux de mes rencontres et expériences.

Vous joignez le factuel à un vrai style de roman, pour être accessible ?

Oui, j’ai voulu un livre accessible et agréable à lire. J’ai voulu mettre une forme, pas seulement des souvenirs, mais faire rêver un peu plus par la dimension littéraire. C’est quelque chose que je vis au quotidien, j’essaye de mettre une dimension de rêve dans chaque instant. Je suis très imprégné d’un livre, Le pouvoir du moment présent, qui parle de la valeur de l’instant présent. Chaque instant a un prix et il faut être conscient de sa valeur. Carpe diem, carpe minutem, carpe secundam, profiter de l’instant !

Et la télé actuelle ?

Je n’aime pas en parler, car je ne la regarde pas. Je suis très heureux de faire ce que je fais chaque jour, et s’il y a des projets, ils viendront et se réaliseront. Et s’ils ne se font pas, je n’en aurai pas de frustration.

Lisez Pays-Blanc en ligne

N° 69

Consultez tous les numéros précédents en cliquant ici

Carnet de Bord

Le Pouliguen - Guérande
La Baule - Pornichet
Disponible ici en version numérique et en version papier

Où trouver Pays-Blanc

plan

Voir les points de distribution