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Stéphanie Phan Thanh estime que Guérande apporte beaucoup, et reçoit peu

Guérande, c’est surtout le sel ou les remparts ?

C’est l’un et l’autre. Il y a dans l’ADN de Guérande le sel, qui permet de faire connaître la ville, notamment au niveau international, et les remparts qui assurent une grande part de sa notoriété nationale. 96000 personnes franchissent les portes de l’Office du Tourisme en centre-ville, et 80000 fréquentent Terre de Sel, c’est donc très équilibré entre sel et remparts.

Parlons des parkings payants...

Nous avons à nouveau délibéré sur cette question. Le paiement sera encore mis en place cette année, et je rappelle que cela ne concerne que la période juillet-août. Nous avons entendu les remarques des uns et des autres, et fait des efforts de simplification. Je précise quand même que chacun a pu s’exprimer sur le sujet à chaque phase, et c’est étonnant de comparer l’écho que l’on entend à Guérande, et les discussions que l’on peut avoir hors Guérande. Tout le monde est surpris de cette espèce d’emballement qu’il y a eu autour de l’installation de stationnement payant dans une ville touristique, puisque c’est la norme partout en France. Ce n’est pas de gaîté de cœur que l’on a mis le stationnement payant, et si j’avais pu m’en dispenser je l’aurais fait. Mais il y a la réalité d’une commune qui est en difficulté financière. Guérande a toujours couru après les moyens de fonctionner, et aujourd’hui c’est de plus en plus criant. Nous ne souhaitions pas augmenter les impôts, pour ne pas faire peser sur l’ensemble de la population le besoin en financement, mais viser plutôt les recettes touristiques. Nous commençons une politique de restauration du patrimoine très ambitieuse, et les sommes collectées, 200000 euros en 2016, vont nous servir à cela. Il faut savoir aussi que Guérande est vraiment très largement sous-dotée par rapport à d’autres communes de la même strate.

Pourquoi sous-dotée ?

J’ai demandé à la Direction Générale des services Publiques pourquoi Guérande ne percevait que 110 euros par habitant de l’état, là où les communes de la même strate perçoivent 238 euros. Si l’on considère également les baisses générales de dotations, nous perdons ainsi plus de 5 millions d’euros sur un exercice. C’est énorme ! Avec ces 5 millions, on pourrait voir l’avenir plus sereinement, mieux répondre aux besoins de la population. Les différents services de l’état m’ont expliqué que c’était le fait d’une formule mathématique, et ils ont ajouté qu’aucun fonctionnaire en France n’est capable de me l’expliquer car la formule est devenue très complexe. Je vous laisse imaginer ma réaction devant cette réponse venant de hauts responsables de la fonction publique.

Pourtant Guérande est un pôle économique important, qui génère donc des impôts ?

Bien sûr, mais tout ne va pas à la ville de Guérande. Les recettes vont à Cap Atlantique. Il y a bien sûr des mécanismes de transfert qui font que la ville récupère une partie des fonds, pour autant aujourd’hui nous sommes très loin du compte. Et nous portons des charges de centralité non compensées. Par exemple, plus de la moitié des adhérents de nos associations et la moitié des enfants de nos écoles ne sont pas guérandais. C’est pourtant la ville de Guérande qui entretient la voirie, les équipements, seule. Tout ceci explique pourquoi Guérande a toujours couru après les moyens d’accompagner ce développement. Sauf position politique pour rediscuter les règles de répartition qui ont été imaginées à la création de Cap Atlantique, la situation ne variera pas. De plus nous avons été élus en 2014 sur la base d’un projet, et au lendemain des municipales, l’état à dit « on rebat les cartes, et on change la règle du jeu ». Du jour au lendemain ce que nous avions imaginé n’était plus possible, et il a fallu réinventer le modèle. Nous devons trouver de nouveaux modes de fonctionnement. J’ai peur que ces difficultés déclenchent une crise des vocations. Être maire d’une commune, c’est décider de très peu de choses. Par contre c’est être à portée d’engueulade en permanence. Nous n’avons plus les moyens et plus le pouvoir de décision.

Guérande est une ville jeune ?

Si Guérande a cette réputation de dynamisme, c’est en partie grâce à notre pyramide des âges. Nous avons su garder une population jeune, avec un tiers de moins de trente ans, un tiers de trente à soixante. Ainsi nos écoles fonctionnent bien, il y a des familles, et cela a été un des objectifs de la révision du PLU. Une commune sans familles et sans jeunes, c’est une commune qui se meurt. Par chance, à Guérande tous les indicateurs sont au vert.

Que sont devenus tous vos projets de campagne ?

Malgré les difficultés, nous avons réussi à mener à bien un certain nombre de nos engagements. Dans un contexte national anxiogène dans lequel on ne sait plus trop à quel saint se vouer, la famille est le noyau qui permet de résister. La création de la maison de la famille, même si ce n’est pas un bâtiment nouveau, est une action forte que l’on a pu réaliser rapidement. Il y a aussi la restauration du patrimoine, et si Guérande est connue au-delà du sel, c’est parce que son patrimoine est préservé. Il y a également la remise à niveau des équipements sportifs, qui a fait à juste titre couler beaucoup d’encre. Dans une commune de 16000 habitants avec autant de licenciés sportifs, on peut exiger des équipements à niveau. Le culturel est lui aussi essentiel, avec le projet autour du Petit séminaire, porté par Cap Atlantique mais dans lequel les élus de Guérande seront très investis, pour créer un pôle culturel fort du territoire.

Vous avez déclaré ne pas être d’une patience extrême. Défaut assumé ou qualité parfois nécessaire ?

Je confirme ! Mon entourage proche autant perso que pro pourrait vous dire que je vis très mal le fait d’être freinée, notamment pour des questions administratives. Cela me frustre ! Mais j’apprends à canaliser. Mais c’est aussi ce qui permet parfois de faire avancer les dossiers. C’est important vis-à-vis de l’inertie de certains services de l’état, et c’est toujours pour mieux porter les intérêts de Guérande.

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