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Julien Bontemps, un Pouliguennais médaillé aux JO

Le véliplanchiste Julien Bontemps vit au Pouliguen et compte à son actif une médaille d’argent aux JO de Pékin, 4 titres de champion du monde, 2 de champion d’Europe, et une médaille d’or aux jeux méditerranéens. Il nous parle des JO et d’une révolution qui arrive dans le monde de la planche à voile...

Quel est votre parcours ?

Je suis arrivé en presqu’île en 1994, en sport étude au lycée Grand Air, je suis entré en équipe de France en 1999 et j’ai arrêté en février cette année.

Une médaille olympique, c’est le top ?

Oui tout à fait, la médaille des jeux, c’est pour tout sportif de haut niveau le Graal. Je mets toujours en premier ma médaille d’argent aux jeux, avant mes quatre titres de champion du monde. Un titre de vice-champion olympique est plus parlant aux yeux du monde dans une discipline comme la mienne qui est peu connue. Ce qui est super aussi en tant que participant c’est la présence de tous les sportifs, la chance de pouvoir côtoyer les stars que l’on voit à la télé, et les échanges avec d’autres sportifs qui vivent la même préparation que nous. Ce sont des instants que l’on ne peut vivre qu’aux jeux, et il faut en profiter.

Cela doit aussi changer le regard des sponsors ?

Après ma médaille d’argent à Pékin, j’ai eu un accueil différent de la part des partenaires. Les gens me reconnaissaient et avaient envie de me suivre pour la suite. Ce double job est intéressant, faire une préparation sportive et chercher les sponsors. Quand on est sportif de haut niveau, on n’est pas seulement sur le terrain, on est aussi chef de sa propre entreprise pour chercher des financements. Certains sportifs, au football ou au rugby par exemple, sont formés à cela, mais dans des sports comme la voile ce n’est pas le cas.

Et votre reconversion ?

Je pensais que ma vie allait être plus tranquille, mais j’ai embrayé dès l’arrêt de ma carrière d’athlète sur l’aide à la préparation des planchistes sélectionnés pour Rio. J’interviens ponctuellement, en plus de l’entraîneur national. J’amène mon expérience de la préparation olympique, ce qui change par rapport aux épreuves habituelles, l’étude du plan d’eau, l’observation des meilleurs étrangers. En parallèle, je m’occupe depuis trois ans de la préparation physique de Billy Besson et Marie Riou en Nacra 17, le catamaran olympique. Ils sont quatre fois champions du monde depuis le début de la préparation olympique, et c’est un projet qui marche très fort. Je vais de temps en temps avec eux à Rio.

Votre non sélection pour Rio a été dure à avaler ?

C’était difficile à vivre, d’autant plus que j’étais champion du monde en 2014. J’ai qualifié la nation en 2014, et l’année d’après il fallait se sélectionner à titre individuel. Aux championnats du monde 2015 je me suis loupé, et je n’ai pas été sélectionné. Je pense que j’avais le niveau pour concourir aux jeux, mais c’est comme ça, il n’y a qu’une seule place et la concurrence est forte. Le jeu est difficile, mais c’est aussi ce qui le rend excitant. C’était un déchirement sur le coup, mais après j’ai relativisé, je me suis fait une raison et je me suis donné d’autres objectifs. Et je n’ai peut-être pas complètement plié les bagages de la planche à voile... On verra bien...

Parlez-nous des planches sur foils...

La voile est en train de vivre une révolution avec l’apparition des bateaux volants, beaucoup de supports s’interrogent pour savoir comment voler, et je participe au développement d’un projet pour faire voler la future planche à voile olympique. Je continue donc à beaucoup naviguer pour ce projet. Il est évident que si la planche olympique adopte ce principe dans quelques mois, je repartirai pour une campagne, avec une expérience que personne d’autre n’aura.

Les foils, c’est pour contrer le kite ?

Disons que le kite nous a ouvert la voie, car en matière de foils ils ont été précurseurs. Ce n’était pas pour contrer, mais on a vu les perf impressionnantes du kite à foil où ils sont presque à 40 nœuds maintenant en course, dans presque pas de vent. On s’est dit pourquoi pas nous, et ça nous a boostés au niveau recherche et développement pour trouver des planches qui volent et soient efficaces. On arrive à faire voler une planche dans 8 nœuds de vent, en atteignant une vitesse de 16 nœuds. Et dès qu’il y a 9 ou 10 nœuds on va à 25 nœuds. Notre objectif est d’arriver à une planche qui soit à la portée de tout véliplanchiste au niveau technique et physique, tout en offrant des performances bien supérieures aux planches classiques. Nous comptons commercialiser le produit en janvier 2017.

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