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Jacques et Bernadette… ou Bernadette et Jacques ? un couple pas ordinaire au destin extraordinaire

Jacques et Bernadette Chirac, un vrai sujet de roman ?

C’est effectivement un couple romanesque, et avec eux souvent la réalité dépasse la fiction. C’est un couple animé de passion dès le début de leur relation, et qui main dans la main conquiert puis exerce le pouvoir. Jacques Chirac réalise la carrière que l’on connaît, et on voit émerger petit à petit un animal politique à ses côtés, Bernadette. Et sur la fin, maintenant, c’est elle qui prend sa revanche.

D’où le titre, Bernadette et Jacques ?

Oui, ce n’est pas seulement le fruit d’un code de préséance, et il y a une certaine admiration de ma part. Ils ont surmonté ensemble des épreuves, des drames avec leurs filles. Ils étaient persuadés d’arriver au sommet du pouvoir et ils l’ont fait.

Auraient-ils pu atteindre ces sommets l’un sans l’autre ?

Ils se sont réalisé l’un à travers l’autre. Jacques Chirac a toujours eu besoin de ce regard bienveillant sur lui et de s’admirer dans les yeux de Bernadette, dans ce miroir, comme il l’avait fait auparavant de la même manière dans les yeux de sa mère ; et Bernadette a avancé dans le sillage de ce bulldozer qui emportait les choses et les êtres sur son passage, et sans lui elle n’aurait pu vivre ces grandes rencontres, ces grands moments, et elle en était parfaitement consciente.

Dans votre livre on sent toujours en filigrane l’idée de séparation, de divorce même ?

C’est une menace qui plane, brandie par Bernadette quand les engagements sentimentaux de Jacques auprès de ses nombreuses conquêtes vont trop loin. Elle lui dit que sans elle il ne pourra pas conquérir le pouvoir. De son côté, il ne peut accepter le divorce, par conservatisme.

Il y a eu parfois une part de sentiments dans les relations de Jacques Chirac ?

Il a aimé une ou deux femmes. Il s’est enflammé comme un adolescent, mais avec toujours cette tendresse constante pour Bernadette, et le besoin de l’avoir à ses côtés. Dans les années soixante-dix, il s’est enflammé pour Jacqueline Chabridon, mais la seule option était le divorce, auquel il n’était pas prêt.

La maladie de leur fille Laurence a été elle aussi un ciment de leur union ?

Indiscutablement, ça les a soudés. Ils lui ont fait rencontrer les plus grands professeurs et ont toujours été présents. Bernadette s’est réfugiée dans la prière surtout, et Jacques dans l’action. Il est allé jusqu’à déjeuner deux fois par jour, car les médecins lui avaient dit que c’était bien de déjeuner avec sa fille. Donc il le faisait, tous les jours, quitte à devoir ensuite en faire un deuxième dans le cadre de ses obligations officielles.

On imagine volontiers Jacques Chirac comme un homme proche de tous, avec un grand cœur. Bernadette a quant à elle une image différente ?

Dans le livre on voit bien qu’elle aussi est dévouée, à ses filles, au clan, et même à des inconnus dont une Corrézienne, Marcelle Dumond, qu’ils ont hébergée des mois dans leur appartement de l’Hôtel de Ville à Paris le temps de soigner son pied abîmé dans un accident. Jacques avait promis à sa mère de s’occuper d’elle, et ils le firent.
Bernadette Chirac a su s’adapter à la Corrèze, au point de ne pas vouloir lâcher prise en 2015. Au début elle était en décalage bien sûr, et petit à petit elle y a pris goût. Sur le terrain, elle surjoue un peu la paysanne, mais elle a une vraie politique de terrain, et elle connaît nombre de personnes dans son fief, et n’hésite pas à chausser ses bottes, tout en étant membre du conseil d’administration de LVMH, un poste qu’elle a pris comme une vengeance vis-à-vis de son mari et de son meilleur ami, François Pinault. Ça en dit long sur la complexité du personnage.

Vous êtes chef du service politique de Gala, quels sont vos rapports au monde politique ?

Les politiques viennent dans Gala pour raconter leur parcours, ce qui les a construits. Ils fendent l’armure et sortent des discours formatés. C’est une nouvelle vision de la presse, et ce sont les nouveaux hommes politiques. Les électeurs ont le droit de savoir ce qu’ils sont, qui ils sont.

Il y a des risques de débordement avec un certain type de presse, mais pour ce qui nous concerne nous ne faisons pas de photos volées, et nous publions toujours avec leur accord. Mais parfois ils peuvent être débordés et leur vie privée peut éclipser leur action politique, mais sur la durée on retiendra plus leur vie politique.

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