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Deux marins aux palmarès exceptionnels...

Loïck Peyron, du petit jaune au grand bleu, le temps d’un Rhum

Il devait s’élancer pour la prochaine Route du Rhum sur un bateau d’un autre temps, celui où les multicoques «  fonçaient  » à 10 nœuds, où le premier satellite expérimental du réseau GPS venait d’être lancé, les routeurs météo étaient volontiers surnommés des «  sorciers  », et il était encore parfois utile de maîtriser le morse… En fin de compte, Loïck Peyron partira sur le plus grand multi de la course, des tonnes de carbone, de technologie, avec des pointes probables à plus de 44 nœuds. Un sacré grand écart pour un marin d’exception que nous aimons particulièrement à Pays-blanc, puisqu’il nous avait fait l’honneur d’être présent dans le numéro 1.
Pour un temps, le petit trimaran jaune dont le nom, Happy, était tout un programme, va attendre, à Lorient ou au Pouliguen.

Loïck quant à lui va savourer les longues chevauchées en solo pleines d’adrénaline, et probablement si le vent monte quelques moments de grande solitude. Pas de quoi l’effrayer, compte tenu de son expérience et de son palmarès, et à l’issue de ses 1 000 milles de qualification, «  sa deuxième qualification en 10 jours !  », il a déclaré «  Paradoxalement, et dans des conditions certes propices, j’ai été surpris par la conviction que je vais pouvoir contrôler la situation. Ces grands bateaux pas adaptés au solo sont plus sécurisants que les 60 pieds que j’ai connus. Moins faciles physiquement, mais moins stressants. L’anticipation est le secret en solo, en multi, et en maxi.  »

On s’en doute, en ayant après une longue réflexion car le choix n’était pas si facile à faire, pris la barre d’un tel géant deux mois à peine avant le départ, il a fallu mettre les bouchées doubles, triples même, car le défi qu’il relève en pleine connaissance de cause est, de ses propres mots, «  le plus grand et le plus risqué de toute ma carrière.  »

Pour en savoir plus sur les derniers mois de préparation et ce nouveau challenge, rien de tel que d’aller visiter la page Facebook de Loïck : www.facebook.com/loickpeyron. Vous y trouverez des photos, des vidéos, et plein de messages sympas.

Damien Seguin, quarante pieds, deux jambes, une main

Il ne faut jamais remettre à demain ce qu’on peut faire à une seule. Cette boutade en forme de défi, Damien Seguin en a fait une philosophie de vie. Et plus encore, une excellente leçon sur le courage, l’envie, la volonté. Car le jeune homme de 35 ans est né sans main gauche, ce qui ne l’a pas empêché de prendre la mer à bras-le-corps et de s’y forger un solide palmarès. Des médailles olympiques et des titres mondiaux en voile paralympique, parcours sans faute d’un voileux plutôt doué, mais aussi des performances en course au large que bien des skippers voudraient pouvoir inscrire au bas de leur CV. 8e de la Transat Jacques Vabre (avec Yoann Richomme), 2e de la Transat Jacques Vabre 2011 (avec Yoann Richomme), 10e de la Route du Rhum Class 40 (sur 45 bateaux) en 2009, 4e de la Solidaire du Chocolat en Class 40 en 2009.

Et pour cette nouvelle Route du Rhum, nul doute qu’une belle page va s’inscrire à nouveau dans l’histoire de ce champion sympathique. Son classe 40 ERDF-Des pieds et des mains, qui outre un joli potentiel de vitesse a aussi pour particularité d’être 100 % électrique, c’est-à-dire sans aucun moteur à explosion ni pour recharger les accus ni pour faire tourner l’hélice, est affûté, et si les éléments le veulent bien il sera dans le groupe de tête à Pointe-à-Pitre.

Au sujet de sa main gauche, Damien Seguin a dit récemment «  La première fois que je l’ai vécu comme un handicap, c’était à 16 ans, quand on m’a refusé la conduite accompagnée. Quelqu’un m’a dit, et en plus une institution, que je ne pourrais pas faire comme les autres car je ne rentrais pas dans les cases. C’est la première fois que je l’ai vraiment vécu comme un frein.  » Pas de doute, si la main gauche était un frein, la main droite a su le desserrer et passer à la vitesse supérieure.

Avec une telle volonté, le skipper pense déjà à l’après Rhum, et pour ne pas avoir la gueule de bois, il se projette dans de nouveaux projets.

«  Pour moi, l’objectif ultime est d’aller jusqu’au Vendée Globe. J’adorerais être le premier handi à boucler un Vendée Globe. Si on veut trouver une fin à l’histoire, je pense qu’elle est là.  »

Le Groupe LCA, dont fait partie Pays-blanc, est partenaire de Damien, et nous vous invitons à suivre sa traversée sur son site (damienseguin.com) où vous trouverez entre autres la présentation de son bateau, avec une visite virtuelle interactive passionnante.

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N° 69

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