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Chantal Ladesou - Aux Grosses Têtes, mais pas la grosse tête

Chantal Ladesou sera à La Baule le 29 novembre, pour jouer la pièce Nelson. Elle a accordé une interview à Pays-blanc et parle de son rôle, des Grosses Têtes et de sa carrière.

La pièce Nelson est écrite spécialement pour vous, qu’est-ce que cela change ?

C’est un cadeau qu’on me fait, et j’en suis très heureuse. Je connais Jean Robert-Charrier depuis longtemps, il est venu voir mes spectacles, et il a écrit dans mon esprit, dans la façon que j’ai de balancer le texte, alors c’est un peu comme quand on rentre dans un costume sur mesure. Je ne connaissais pas du tout le sujet à l’avance, et il est venu avec la pièce achevée. Je trouve le thème très actuel et je suis entrée directement dans ce personnage qui est très dur, très cynique, mais qui a une fêlure quand même. J’aime bien jouer ces personnages de femme acariâtre, cassante, mais qui a au fond d’elle-même à une cassure.

Vous avez de la répartie, du répondant, respecter un texte demande-t-il un effort ?

Je me permets une certaine part d’improvisation, sans gêner mes camarades, car je sors toujours les mots qu’il faut pour qu’ils puissent envoyer leur réplique, mais je fais un recadrage si je vois qu’une réplique ne fonctionne pas. Je fais une proposition à l’auteur, qui est tous les soirs avec nous et écoute avec attention la pièce. Si je fais du Molière, je ne bouge pas un mot, mais pour du boulevard on peut se le permettre plus facilement.

Avez-vous envie d’écrire des pièces ?

Non, je n’y ai pas songé encore. Pour moi, les sketchs sont plus simples, mais peut-être que ça va venir. Pour l’instant, j’aimerais écrire un nouveau spectacle seule.

Vos personnages, c’est toujours vous ?

Je peux me glisser dans des personnages qui ne sont pas moi, mais il est vrai que dans mon dernier spectacle, c’était surtout moi qui regardais ma petite vie quotidienne, ma famille, et parfois je faisais mon mari, ma fille, ou un autre personnage. J’aime rester moi-même, parler au public, et de temps en temps je rentre dans des personnages. C’est un peu de stand up et de comédie à la fois. Pour les idées, il y a des choses qui viennent dans la journée, en regardant la tête des gens, en me promenant. Tout me parle, et ce que j’entends aussi est important. Le fait de sortir de Paris et de la routine, ça me change, je regarde et quand il me vient des idées je prends des notes, puis j’essaie de sortir quelque chose. Après, évidemment, il faut s’enfermer et développer les choses.

Le public vous adore, quels rapports avez-vous avec lui ?

Tout à fait simples et normaux ! Les gens sont très gentils et ne me donnent que de l’amour, alors qu’est-ce que vous voulez, je ne vais pas les engueuler ! Les gens viennent me dire des choses tellement gentilles que je ne peux que répondre avec gentillesse, car c’est formidable quand quelqu’un vient vous dire «  J’ai tout oublié pendant deux heures alors que j’étais fatigué et pas en forme  ». C’est une recharge, pour moi et pour le public.

C’est ça le théâtre ?

Je pense que vraiment les humoristes ou les comiques, les comédiens, le théâtre en général, c’est une évasion. D’un seul coup on casse un peu son rythme, on se déplace, on vient au théâtre, et ce n’est pas toujours facile à cause des kilomètres et du stationnement. On s’installe confortablement, on est content, on va rire et ça fait du bien.

Et le cinéma ?

Je n’attends pas de grand rôle au cinéma. René Clément disait toujours «  N’attendez pas le cinéma. Le cinéma vient à toi ou pas. Faites votre route, et votre route c’est le théâtre, ce n’est pas le cinéma.  » Il faut aussi que quelqu’un soit motivé pour m’écrire un rôle sur mesure, parce que je suis un petit peu hors catégories… Je vois bien que je ne rentre pas dans des cases. Si on ne m’écrit pas ou si je ne m’écris pas moi-même un rôle, je pense que je pourrai attendre longtemps qu’un réalisateur d’un seul coup ait envie d’écrire sur ce personnage qui est un peu bizarre.

Vous seriez pourtant bankable ?

Je ne sais pas, mais si vous avez un rôle pour moi… Il y a beaucoup de grandes vedettes de théâtre qui ne fonctionnent pas forcément au cinéma. C’est très bizarre, il n’y a pas de loi, et si on savait ce qu’il faut faire, tout le monde le ferait. Et puis pour l’instant, je suis tellement bien au théâtre… J’adore mon métier, et la scène c’est ma vie. Je ne pourrais pas vivre sans la scène.

La radio, c’est différent ?

C’est sûr que quand on fait les Grosses Têtes, il vaut mieux avoir de la répartie, sinon on est mort ! Rien n’est écrit à l’avance, c’est du one shot. Il faut y aller, être présent, s’imposer. Les premières fois où j’y suis allée, je me suis retrouvée avec cette bande de snipers, et je voyais les vannes passer très rapidement. Le lendemain, je me suis dit «  Je vais préparer quelque chose  ». Alors j’ai préparé quelques petites vannes, mais ça va tellement vite que je n’ai même pas eu le temps de les placer ! Après, j’ai laissé aller la machine, et je suis partie dans l’improvisation. On arrive avec ce que l’on est, et si on prépare quelque chose, ça se voit et ce n’est pas bien.

L’arrivée de Ruquier a changé les choses ?

C’est Philippe Bouvard qui m’a engagée à la radio et fait rentrer aux Grosses Têtes, et je l’en remercie encore. Ruquier a repris le flambeau, et c’est exactement celui qu’il fallait. Il est resté dans l’univers des Grosses Têtes, a remis la valise et tout ce qui faisait l’identité de RTL depuis longtemps. On rit, c’est bon enfant, joyeux.

Et vous pouvez concilier les Grosses Têtes et la tournée ?

Je me débrouille, je vais y arriver… Quelquefois je reviens de nuit de certaines villes pour pouvoir être aux Grosses Têtes le lendemain matin, car l’émission est enregistrée le matin. De toute façon j’aime tellement les Grosses Têtes que je ne pourrais pas rester un an sans y aller, car la tournée avec Nelson va durer longtemps.

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