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C’est de la merde ? Trop souvent, mais pas toujours, selon Jean-Pierre Coffe

Cela passe par des livres accessibles et des recettes à moins de 1 euro ?

Je considère qu’il n’y a pas de fatalité qui fasse que les gens sans gros revenus doivent manger de la merde. On doit pouvoir manger des produits de qualité à un prix juste. Mes livres ne sont pas chers, et certains, comme Le plaisir à petit prix, ont atteint 800000 exemplaires. On voit donc que ça intéresse les gens. Ils sont simples, sans photos. La photo dans un livre, ça montre seulement ce qu’on a raté, et on sait bien que les photos des livres ne sont pas fidèles à la réalité. Les beaux poulets rôtis dorés à point doivent beaucoup au tartinage au chocolat...

Manger bien, cela dépend de quoi ?

De la pédagogie avant toute chose. Elle devrait passer par l’école mais ce n’est pas le cas. On doit pouvoir le faire aussi dans des livres, à la télé même si ce n’est pas vrai actuellement, à la radio. Je n’ai rien contre les nouvelles émissions de télé, à condition qu’il y ait la pédagogie du produit, mais ce n’est pas le cas. On apprend des recettes, des tours de main, mais pas la cuisine au quotidien.

Vous écrivez aussi sur le jardinage, c’est important ?

On en est revenu des hectares de gazon, et si on faisait quatre plants de tomates et dix de pommes de terre, on arriverait à se nourrir sans problème. On aurait des produits authentiques et vrais, et on retrouverait le plaisir des saisons, que l’on a tendance à oublier. On nous dit qu’il faut économiser, mais ces produits viennent du bout du monde.

Vous travaillez pour Leader Price, est-ce compatible avec votre combat ?

J’ai commencé il y a six ans, et depuis j’ai « retapé » 3600 produits. J’ai fait supprimer les colorants, les arômes, l’huile de palme, et tout ce qui a l’étiquette « Coffe » est sans « améliorants ». ça permet à des gens qui n’ont pas beaucoup d’argent de manger des produits propres, sans risque pour la santé. D’ailleurs cette enseigne n’a pas été touchée par l’affaire de la viande de cheval !

Vos projets en 2015 ?

Je termine mes mémoires qui vont paraître cette année chez stock. Il n’y aura pas de vie privée, mais je dis ce que je pense de certaines personnes avec qui j’ai travaillé, des mœurs de la télé du comportement de certains responsables de chaînes. Des choses pas forcément agréables à entendre, mais la stricte vérité. Je pense qu’il sortira fin avril ou début octobre, et le titre sera Une vie de Coffe.

Vous avez fait des rencontres marquantes, quelles sont les inoubliables ?

En littérature Jean-Claude Carrière, qui est un ami et qui m’a appris à écrire. Son conseil a été « T’as qu’à faire des bâtons, et a un moment donné les bâtons feront des lettres, et les mots viendront derrière. »

En jardinage, j’ai eu un maître qui était mon grand-père, et dans la gastronomie Raymond Oliver. Vers la fin de sa vie, il était très malade, et il venait manger dans mon restaurant. Il avait une manière de manger sa salade avec ses doigts, entre le pouce, l’index et le majeur. Il le faisait avec art et une sensualité inouïe. Il connaissait parfaitement les produits, l’histoire de la cuisine. L’histoire de la cuisine est très importante. Savez-vous que c’est le fourneau, une espèce de plaque avec 4 trous, qui a engendré la casserole, qui a engendré les sauces, parce qu’avant on les faisait dans des pots ?

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