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80 éoliennes au large de la baie

Environnement, emploi, tourisme, le courant passe

Olivier de La Laurencie, Directeur du projet de parc éolien en mer de Saint-Nazaire pour EDF Énergies Nouvelles, nous parle de ce projet qui entre dans une nouvelle phase déterminante.

Rappelez-nous les grandes lignes du projet.

Le projet éolien en mer de Saint-Nazaire, mené par EDF Énergies Nouvelles et Dong Energy, partenaires lauréats en 2012 de l’appel d’offres lancé par l’État, comptera 80 éoliennes Alstom de 6 mégawatts à fondations monopieu, installées entre 12 et 20 km des côtes sur une zone de 78 km2. La mise en service progressive est prévue à partir de 2018.

Ce sera une zone particulière ?

C’est aujourd’hui déjà un lieu d’usage partagé. Il y aura bien sûr des règles, définies par le Préfet maritime, pour qu’avec les pêcheurs et les plaisanciers notamment nous puissions bien vivre ensemble. Les éoliennes sont distantes d’un kilomètre, et cela laissera de la marge entre elles. Dans la mesure où la proximité des éoliennes et les chemins de câbles seront protégés, cela créera des réserves, dont les zones de pêche voisines profiteront.

Quel a été le résultat de la concertation ?

La concertation a commencé en 2008, avec la présentation du projet. Nous avons pris le temps de connaître les gens, de comprendre leurs attentes, leurs interrogations et leurs usages de la zone. Ceci nous a permis d’arriver avec un projet qui intégrait toutes leurs questions. Il existe bien sûr des positions d’opposants très personnelles, avec des personnes qui défendent des intérêts particuliers, et nous ne pouvons y opposer que l’intérêt général. La discussion s’est très bien passée, et s’il reste encore quelques questions, nous ne comptons pas notre temps pour expliquer, informer. Par exemple, il y a eu un débat public très suivi en région de mai à juillet 2013 et la phase de consultation des publics n’est pas terminée. En effet, cette année, EDF Énergies Nouvelles se consacre à l’enquête publique liée au projet. 2015 est une année charnière, car on avance encore plus dans le processus de consultation et de concertation, aussi bien au niveau du public que de l’état, et c’est aussi l’année du choix des acteurs industriels. Fin 2015, on aura franchi cette étape cruciale, et nous sommes actuellement exactement dans le planning prévu.

Quels changements attendre ?

Le site d’assemblage de l’ensemble des composants fabriqués à Montoir, Cherbourg ou ailleurs se situera à Saint-Nazaire. Tout arrivera sur une grande parcelle de terrain jouxtant la forme Joubert, qui était en attente de reconversion, et c’est pour le port une bonne occasion de reconfigurer le lieu et lui donner une nouvelle vie. La base de maintenance d’où partiront les bateaux pour les opérations de maintenance et réparation sera à La Turballe. En effet, on ne sera présents à Saint-Nazaire que le temps du chantier, c’est-à-dire 3 ans. Ensuite le lieu sera remis à disposition. La maintenance durera quant à elle toute la vie du projet, et il est donc logique de l’installer à La Turballe, qui est le port accessible à toute heure le plus proche du parc.

Il y aura un impact positif sur l’emploi ?

Pendant les phases de chantier mais aussi d’exploitation, ce projet participe, aux côtés de ceux de Fécamp et du Calvados, à la création d’une filière industrielle d’avenir à l’origine de 7 000 emplois en France. Pour la Région, cela représentera 200 emplois, pour l’assemblage et l’installation des éoliennes en mer. À La Turballe, il y aura une centaine de personnes pour l’exploitation et maintenance, allant de l’administratif au technicien en passant par les marins, et cela pendant toute l’exploitation du parc. Il y aura également l’installation en région Nantaise du centre de R&D d’Alstom et du centre de supervision des projets éoliens en mer d’EDF Énergies Nouvelles. Il faut aussi parler des sous-traitants, et il y a dans la région des entreprises très motivées et actives, qui profitent de ces grands chantiers pour se développer, et donc créer des emplois. Cela implique aussi des efforts de formation importants qui valorisent l’emploi et les compétences.

Et le tourisme ?

Un des groupes de travail a fait une enquête touristique, et on peut retenir deux chiffres :

97 % des personnes interrogées, résidents, résidents secondaires, touristes et excursionnistes, déclarent que le projet n’aura pas d’impact sur leurs habitudes ou qu’ils le considèrent comme une extension de l’offre touristique actuelle. Et 62 % des gens sont intéressés par la visite du parc éolien en mer. Nous sommes d’ailleurs déjà sollicités par des initiatives privées qui veulent développer une activité touristique autour des éoliennes.

Pourquoi une durée de 25 ans ?

25 ans, c’est la limite actuelle des durées de concessions. Les premières éoliennes offshore ont été installées en 1991 au Danemark, il y a 24 ans, et on commence donc à avoir un historique. Conformément au cahier des charges de l’appel d’offres, nous avons provisionné dans nos comptes le coût de déconstruction, et quelques années avant la fin de la concession, on doit prendre les mesures pour le démanteler, sous contrôle de l’État. C’est une grande première dans ce type de projets.

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